BRETAGNE COMMERCE EQUITABLE NORD SUD

 

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Témoignages des producteurs invités lors des quinzaines du commerce équitable

 Quinzaine du CE mai 2009 - Témoignage de Soledad Caucha Santa Cruz
Vice Présidente de la coopérative de producteurs de café Cenfrocafé à Jaen dans la région CAJA MARCA  au Nord du Pérou.

La région est située dans une zone montagneuse entre 1400 et 2000 mètres, altitude où  sont produits les meilleurs cafés.
La coopérative Cenfrocafé a été créée à l’ initiative  de producteurs de café, avec l’aide d’une ONG (AVSF) et de l’Eglise catholique. Le café était acheté individuellement à chaque petit paysan par des acheteurs locaux dont ils étaient dépendants, tant pour les prix que pour le financement, souvent à des taux excessifs. Les prix étaient très bas, la production était désorganisée et une partie des producteurs s’orientaient vers les productions illicites pour la drogue.
En 1997, une vingtaine de petits paysans se sont dits : qu’est-ce que l’on peut faire ensemble ?
De 1998 à 2002, ils ont fait les démarches pour créer la coopérative légalement.
En 2001, ils ont fait les premiers essais de commercialisation avec Cépicafé pour atteindre 60 containers en 2006. En 2006, des contacts sont pris avec Lobodis.
En 2007, des contacts sont pris avec FLO pour la certification de la coopérative
En 2008, 116 containers ont été vendus avec le label Fairtrade/Max Havelaar.
Aujourd’hui, Cépicafé c’est :
-2090 associés, 84 associations organisées en 9 Reds (réseaux)
- 80 représentants à l’assemblée générale.
- 600 à 800 autres producteurs veulent rentrer dans la coopérative

Qu’est-ce que le commerce équitable a apporté ?

Avant : les populations étaient descendues de la montagne plus élevée  pour vivre ici. La vie était difficile, il y avait besoin d’apprendre, de s’organiser. Il y avait des maladies. Les enfants  n’avaient qu’une tenue, ils mangeaient mal, ils n’allaient pas à l’école, des femmes décédaient à cause de la malnutrition. La garantie de prix, la prime de développement et le préfinancement à hauteur de 60 % des récoltes ont permis un  revenu  qui couvre les besoins essentiels et qui permet d’envisager l’avenir. Actuellement le prix du café est de 1.29 dollar la livre  contre 1.50 pour le café labellisé.
Des prêts à bas taux sont obtenus. La qualité a été améliorée, la coopérative a participé à des foires au Pérou et à l’étranger, avec l’obtention d’une médaille d’argent
En 2008, après plusieurs années de crise, il y a eu une surchauffe, des producteurs sont partis ; la coopérative les a repris ; il y a tout un travail de formation à faire auprès des membres.
La formation porte sur plusieurs aspects :
-amélioration de la production, de l’organisation, connaissance des marchés, développement rural. Etudes pour le financement et pour les plantes.
- formation pour les femmes pour qu’elles puissent s’exprimer, avoir leur place, sur l’exploitation, dans la coopérative, dans la société.
Les producteurs sont maintenant conscients de pas mal de choses :marchés, environnement, développement rural. Ils sont investis dans les municipalités. ( En 2005, des membres de Max Havelaar 35 ont pu vérifier sur place que les collectivités avaient le souci d’établir des programmes de développement avec les paysans , ce qui était impensable avant parce que les paysans étaient déconsidérés et eux-mêmes n’ auraient pas envisagé demander leur appui.
Flo a fait les recommandations suivantes :
.faire  impérativement plus de place aux femmes. Soledad qui avait fait beaucoup d’efforts depuis 8 ans pour se former aidait déjà à la rédaction des comptes-rendus d’ assemblée; elle  en a profité pour se porter candidate à la vice-présidence
.diversifier  les productions : depuis 2 ans, les producteurs cultivent manioc, bananes, légumes,
.élever des  cochons  d Inde consommés au Pérou, récupérer des races de poules locales, . . . .replanter des arbres ( 10 par an par chaque producteur), pépinières pour café et arbres à bois
.augmenter  la surface des cultures vivrières.

Quelle utilisation de la prime de développement ?
Ce sont les 80 représentants à l’AG qui décident de l’ utilisation de la prime collective de développement payée par l’ acheteur à la coopérative, en plus du prix minimum garanti, lequel  suit le cours mondial quand celui-ci est plus élevé, ce qui arrive parfois après plusieurs années de crise.
Priorité: Santé, égalité hommes- femmes, lutte contre la pauvreté, éducation
.scolarisation, école sur place pour ceux qui n’avaient pas fait d’études
.formation pour les femmes (dignité, expression, couture, élevage etc)
.fonds de santé (pas de sécurité sociale)
.prime de 2000 soles lors d’un décès pour couvrir les frais et en reconnaissance du travail fait dans la coopérative.

Problèmes actuels
Dans les années 90, le Président FUJI Mory a vendu sans le dire des terres à des multinationales qui se pointent aujourd’hui avec leur titre de propriété pour exploiter des mines.
Il y a eu des manifestations, la commission envoyée pour discuter a été reçue à coups de bâtons.
Ils ont réussi à faire abandonner le projet d’une entreprise canadienne.
Le gouvernement ne les soutient pas. Récemment, l’armée a tiré sur les manifestants et jeté les corps dans une rivière pour les faire disparaître.
Site : www.cenfrocafe.com.pe (en espagnol)
Soledad s’est dite admirative de voir des gens qui s’engagent chez nous  pour plus d’égalité, de justice. Tous les échanges qu’elle a eus vont lui permettre de témoigner et de transmettre les questions et les interrogations des consommateurs ici, aux coopérateurs de Cenfrocafé.


 Quinzaine du commerce équitable 2008 :  Accueil de Réginaldo Vicentim de la Coopérative de producteurs brésiliens d’oranges.
Réginalno-Coagrosol/Brésil échange avec Pascal, producteur maraîcher bio.


« Chez nous aussi, nous devons travailler pour nous diversifier et développer les marchés locaux»

Lire l'interview sur Max Havelaar

Reginaldo et la coopérative Coagrosol
Au Brésil, les membres de la coopérative Coagrosol possèdent chacun entre 10 et 50 hectares. Dans leur contexte, ils sont des producteurs très modestes. Quand le prix des oranges a chuté, ils se sont trouvés fragilisés. Le commerce équitable leur a permis de conserver leurs terres.
L’orange de la région de Sao Paulo présente un ratio sucre/acidité exceptionnel ce qui donne lieu à un jus d’orange à la fois vitaminé, fruité et doux.
« En 2000 a eu lieu une grande crise du prix des oranges. Les prix sont descendus à 0,50 $ la caisse, alors que les coûts de production étaient à 1,50 $. Notre niveau de vie diminuait, les producteurs abandonnaient l’agriculture.
C’est à ce moment que nous avons commencé à nous engager dans le commerce équitable. Nos premières ventes ont été payées 2$ la caisse.
Sans le commerce équitable, la plupart des membres de la coopérative ne seraient plus producteurs. En ce moment, ilsseraient sans aucun doute à la recherche d’un travail en ville sans avoir aucune expérience. »

Les coopérateurs font appel à des saisonniers pour la cueillette. La prime de développement est utilisée pour pour les travailleurs et leurs enfants, par exemple pour l’ accès gratuit à l’école, ce qui est rarement le cas. Reginaldo Vincentim, directeur élu de la coopérative brésilienne Coagrosol.

COAGROSOL : PRODUCTEURS D’ORANGES ET DE MANGUES DU BRESIL
Situation : Municipio de Itapolis et Borborena, Etat de Sao Paulo, Brésil
Membres : 50 producteurs au total – dont 15 producteurs certifiés bio
Producteurs : Producteurs de taille petite et moyenne de 10 à 40 hectares. Parfois 1 à 3 travailleurs permanents et utilisation de travailleurs occasionnels pour la récolte.
Production : Producteurs de fruits diversifiés : orange, mangue, citron vert, goyave, parfois de légumes.

Cooperativa dos Agricultores Solidarios de Itápolis – COAGROSOL
Une initiative concertée entre producteurs et cueilleurs journaliers pour faire face à la crise
Le Brésil est le premier exportateur mondial de jus d'orange. Celui-ci provient, principalement de l'état de São Paulo où les conditions naturelles sont bien adaptées à la culture de l'oranger. La majorité des industries de transformation sont situés dans cette région. Le jus d’orange correspond à un marché colossal, contrôlé par une poignée de grands groupes. Ces derniers produisent eux-mêmes 70% de leurs besoins (maximum autorisé par la loi) et achètent le reste à des producteurs indépendants. Parmi eux, les petits et moyens producteurs qui cultivent entre 10 et 40 hectares de vergers sont les plus sensibles à la volatilité des prix que génère les stratégies des grands groupes agro-industriels.
En 1999 et 2000 le marché du jus d’orange connaît une crise sans précédent. Le prix aux producteurs des oranges de l’ordre de 3 à 4 USD par caisse, s’effondre brutalement autour de 1 USD, largement en dessous du coût de production. De nombreux petits producteurs font faillite et se voient obligés de vendre leurs terres. La différenciation sociale entre producteurs, déjà très marquée dans la région, s’accentue. Les producteurs qui ont pu se maintenir se sont endettés et ont accru leur dépendance vis-à-vis des grands groupes sous forme de contrats très contraignants.

Les ouvriers agricoles, indispensables en grand nombre pendant la cueillette des oranges, étaient autrefois fortement exploités par les propriétaires. Leurs conditions de travail inhumaines et surtout le travail des enfants qui venaient aider leurs parents, ont été à maintes fois dénoncés au cours des années 80 et 90. Les droits, les rémunérations et les conditions de travail ont été notablement améliorés au cours de la dernière décennie, suite à l’action du syndicat des travailleurs agricoles de l’Etat de Sao Paulo. Cependant, à la fin des années 90 la crise du secteur touche également de front les 4.500 travailleurs du secteur.
C’est dans ces conditions que se créé COAGROSOL. L’objectif de la coopérative est de mettre en place des circuits de commercialisation alternatifs permettant d’obtenir des prix plus stables, mais aussi de favoriser des modes de production durables. Il devenait, en effet indispensable de trouver une alternative à la quasi monoculture de l’orange et à un mode de production extrêmement dépendant d’intrants chimiques coûteux. La diversification et la certification bio se sont imposés comme deux lignes d’actions principales.

Une alliance entre producteurs et travailleurs agricoles
Les producteurs liés à COAGROSOL n’utilisent en général qu’une main d’œuvre familiale, même si certaines exploitations mobilisent 1 à 3 travailleurs permanents. Au cours de la cueillette, les producteurs font appel à un groupe de 4 à 8 travailleurs journaliers. Environ 300 travailleurs, membres du syndicatdes travailleurs ruraux (Sindicato dos empregados rurais de Borborema) sont ainsi impliqués temporairement dans les exploitations des 50 producteurs liés à COAGROSOL.

COAGROSOL obtient son inscription au registre du commerce équitable (FLO) grâce à une association avec le syndicat des travailleurs ruraux. Les producteurs obtiennent un prix plus juste et stable pour leurs produits et s’engagent à recruter les travailleurs selon le salaire négocié par le syndicat à l’échelle de l’Etat et de déclarer officiellement leurs journaliers en payant les charges sociales. Le syndicat des travailleurs ruraux veille au respect de ces règles. Il estime aujourd’hui que 100% des travailleurs saisonniers de COAGROSOL sont déclarés et bénéficient du système de sécurité sociale, alors que ce pourcentage est d’environ 70% dans les autres cas (il n’était que de 20% en 1992).
La prime de développement du commerce équitable est partagée entre les deux acteurs.

L’action des producteurs
L’accès au marché de COAGROSOL est encore limité. Il ne permet à l’heure actuelle que d’absorber 50% de la production d’orange et 70% de celle de mangue de ses membres. L’excédent est vendu par chaque producteur aux conditions du marché conventionnel. Grâce à un préfinancement des différents importateurs du commerce équitable, COAGROSOL collecte les fruits des agriculteurs et achète le service de façonnage auprès d’une industrie qui transforme les oranges en concentré et les mangues en purée de fruit. La coopérative exporte la totalité de cette production.

Grâce au commerce équitable les producteurs ont accès à des prix plus stables et rémunérateurs (3,2 USD par caisse d’orange). Cela leur permet de s’engager dans un processus de diversification de la production et de production durable. Même lorsqu’ils ne sont pas bio, les producteurs s’engagent à ne pas utiliser de désherbants et de produits polluants. Ils entrent de cette façon dans un processus de production moins dépendant. Avec la part de la prime de développement octroyée aux producteurs, COAGROSOL a déjà réalisé certains investissements productifs, tels que l’installation d’une unité de conditionnement de fruits frais pour le marché local.

L’action du syndicat de travailleurs
Les cueilleurs bénéficient du commerce équitable de deux manières :
- la sécurisation de la petite agriculture familiale et sa moindre dépendance des grands groupes génèrent de meilleures conditions de travail,
- la prime de développement du commerce équitable, cogérée par le syndicat des cueilleurs et les producteurs, permet des investissements sociaux qui bénéficient à l’ensemble des familles d’ouvriers agricoles de la région (4500 travailleurs au total pour els deux municipalités de Borborena et Itapolis).
Les actions financées par la prime concernent actuellement: l’alphabétisation d’adultes, la formation à l’informatique, l’aide aux cantines scolaires et la formation professionnelle d’adolescents.
 
 Quinzaine mai 2007 Invité :
Le témoignage de Thidambé DIALLO  producteur de coton au SENEGAL

Situation familiale
Né en 1966 à Thiokétian à l’est du Sénégal, à plus de 700 kms de Dakar ou il habite toujours. Thiokétian fait partie de l’arrondissement de Bandafassi, département de Kédougou.
350 personnes vivent à Thiokétian , dont 115 producteurs.
Marié, père de 3 enfants, Thidambé a recueilli les 7 enfants de son oncle décédé ( il n’y a pas de protection sociale), au total 14 bouches à nourrir ; seul l’aîné des enfants qui a 16 ans travaille avec lui sur l’exploitation .
L’exploitation :
Superficie cultivée : 8 ha dont :
- 3 ha de coton, soit 2tonnes  à 2,5 tonnes pour la vente
- Des cultures vivrières : maïs, riz, mil, fonio, maraîchage
- 115 paysans vivent au village.
Responsabilités
- Thidambé DIALLO est membre du groupement de producteurs de coton (GPC) de Thiokétian. Il est responsable du crédit depuis 1992.
Le commerce équitable a été introduit en 2004. THidambé est président du comité de pilotage du commerce équitable au niveau de l’US-GPC de Kédougou et responsable de la sensibilisation au  niveau de 59 GPC.
Le GPC de Thiokétian est certifié commerce équitable, comme 97 GPC au Sénégal. Actuellement, 57 groupements sont candidats, rien qu’au niveau du département de Kédougou

Comment a été introduit le commerce équitable ?
Les groupements de producteurs vendent leur production de coton à la SODEFITEX, société nationale issue de la société Dagris, elle-même issue de  la  CFDT. C’est la SODEFITEX qui en a parlé et Max Havelaar. Les responsables ont voulu savoir de quoi il s’agissait, ils se sont renseignés avant de s’engager. Ensuite ils ont fait un gros travail d’information et de sensibilisation avec théâtre, jeux de rôle, en profitant  de toutes les fêtes et manifestations, familiales ou locales,des marchés etc.., car il n’y a aucun moyen de communication dans la brousse.

Qu’est-ce qui a changé avec le commerce équitable ?
Situation avant le commerce équitable
Thidambé, comme les autres paysans, n’avait que ses mains pour travailler. Il ne pouvait nourrir sa famille, comme beaucoup, pendant la période de soudure entre deux récoltes et il y avait des famines.
Avec les subventions aux producteurs de coton américains, mais aussi un peu de l’Europe, les cours ont baissé, rendant la situation de plus en plus difficile ; le coton n’était plus vendu, beaucoup de producteurs voulaient abandonner.
. Le village n’est pas électrifié ( 15 km pour recharger un portable)
. Les femmes allaient chercher l’eau à 3 kilomètres et piler le mil à la main.
. Seulement la moitié des enfants du village étaient scolarisés car ceux qui n’avaient de   fournitures étaient renvoyés de l’école ; il fallait vendre chèvres, poulets, moutons pour acheter les fournitures scolaires.
. Il n’y avait  pas de dispensaire et les malades devaient être transportés à 15 Kilomètres sur des branchages par deux  personnes.
Situation maintenant, avec  le commerce équitable
. Au niveau de l’exploitation :
Thidambé a pu acheter un âne, une houe sine et un semoir.
Il produit 3 Ha de coton.
Il peut cultiver 3 ha de cultures vivrières au lieu d’un ha avant.

Au niveau des groupements de producteurs de coton ( GPC)
-  En 2004, les GPC ont créé l’Union des GPC.
Il y a un bureau de pilotage dans chaque village, relais de sensibilisation pour expliquer et favoriser l’adhésion .
- l’organisation a été améliorée avec une exigence de transparence et de démocratie
- les contrôles ( FLO) ont été faits  par un Allemand la première année, puis par des contrôleurs d’ autres régions ; ils portent sur la qualité, la transparence et le fonctionnement démocratique des GPC, le travail des enfants, l’environnement..
Au niveau du village ( 350 personnes dont 115 producteurs)
-    tout le coton équitable est vendu
- un local a été aménagé pour stocker des aliments ; ceci  permet de passer la période de
soudure  pour tout le monde. Une centrale d’achat a été créée.
- un puits a été foré
- un moulin a été acheté dans chaque famille pour piler le mil, ce qui  libère du temps pour les femmes qui peuvent se consacrer à d’autres travaux ( jardin communautaire  etc..)
- des formations sur le maraîchage sont organisées pour des groupes de  femmes
- Une centrale d’ achat permet pour les  fournitures scolaires permet une scolarisation des enfants à 100 %
- Des auxiliaires de santé ont été formés au village ( 3 agents sanitaires et 3 matrones( sages-femmes ) . Projet : un local pour un dispensaire
Environnement : Le commerce équitable a fait comprendre que s’il y avait un cadre de vie, c’était grâce aux parents et grands-parents ; il faut avoir l’aval de la communauté pour débroussailler, déforester. Avec le commerce équitable, des produits sont interdits.
Au niveau des  GPC
- L’organisation a été consolidée (   production améliorée,  transparence,  démocratie, solidarité au sein des groupements).
- 97 GPC sont certifiés, 57 sont candidats pour le département de Kédougou.

Comment fonctionne la garantie ?
Le prix garanti est de 238 francs CFA, soit 0.36 € par Kg.
Le prix de marché( en baisse) est de 160 F CFA, soit 0.24 € par Kg.
L e producteur reçoit d’abord le prix de marché, puis une  prime compensatrice de 78 Francs CFA, soit 0.12 € pour atteindre les 0.36 €
Une prime sociale de 0.065€ est versée au GPC. Son utilisation est décidée démocratiquement : ce sont les adhérents qui décident de priorités et des utilisations.
Questions sur le bio
Il n’y a pas de bio dans la région ; les standards FlO interdisent cependant certains produits. Compte tenu des problèmes de sécheresses, il faut être prudent pour éviter des catastrophes. Des recherches sont faites au Sénégal avec l’appui de l’ ONG suisse Helvetas.
Travail de la Région Bretagne avec l’Union Monétaire et économique ouest- africaine.
Thidambé est intéressé pour un travail dans la transparence (qualité,démocratie et transparence , des critères importants pour le commerce équitable, sont des aspects souvent repris par Thidambé.
Questions sur les OGM
Thidambé est surpris par la question : les OGM sont inconnus des petits paysans dans sa région. Pour mémoire : les Standards internationaux du commerce équitable garantis par FLO interdisent les OGM.

Témoignage d’Amadou KA, Résident sénégalais à Rennes
« Il faut être prudent quand nous voulons comparer les prix et leurs incidences : l’échelle des prix est très différente entre la France et le Sénégal : au Sénégal, il faut diviser le franc CFA par 655.957  pour avoir l’euro.
A Dakar, quand j’étais étudiant, avec 30.000 francs CFA (46 euros), je n’avais pas de problèmes. A Rennes avec 700 euros, j’en ai »

Voici un élément à prendre en compte quand on veut faire des appréciations sur l’impact du commerce équitable, comme le font certains. Ne pas replacer les chiffres dans le contexte local des pays du Sud aboutit à des appréciations forcément erronées

Visite à TDV Industries à Laval . Thidambé a été très intéressé  par la visite  de la PME familiale « TDV Industries » à Laval, avec son collègue du Mali, invité de Napce à Nantes.
Cette PME  créée en 1950 emploie 160 personnes ; son chiffre d’affaire atteint 30 millions de chiffre d’affaires. Chaque jour elle tisse 330.000 kms de fil, soit la distance de la terre à la lune !
Elle a la particularité de travailler en site intégré depuis l’arrivée des balles de coton jusqu’à la fabrication  de vêtements( pour une partie de la production).
La visite de tous les stades de fabrication - filature, tissage, teinture, fabrication de vêtements- est impressionnante. Sur 450.00 tonnes de coton utilisés annuellement, 5.000 tonnes sont issues du commerce équitable.
TDV travaille avec les producteurs du Mali ou le prix du marché du coton est encore  plus bas qu’au Sénégal ( cf : 0.24 € le Kg en 2005/2006, cf MH).
Pour un prix base 100  en traditionnel, le coton labellisé équitable est payé 160, soit un surcoût de 10 à 15 % sur  le produit. le produit fini ( vêtements etc) doit comporter au moins  50% de coton (équitable ) pour être labellisé , soit une incidence de 5 à 7 % pour les tissus qui ne sont pas tout coton, et 2 % sur le produit final.
TDV fabrique des vêtements de travail, en particulier pour la ville du Havre et pour l’entreprise Séché. Les ouvriers sont fiers de porter de beaux  vêtements de qualité et à forte valeur sociale.
TDV vend du coton tissé à Cepovet ( Villefranche sur Saône) et à Armor Lux de Quimper.
Pour les dirigeants de TDV Industries, « le commerce équitable est une démarche résolument moderne  qui donne du sens »l’image et les valeurs liées au commerce équitable sont tout à fait cohérentes avec les traditions de qualité et d’attache au pays inhérentes à cette entreprise familiale.
 Le CE ne peut comporter d’ OGM car risque de dépendance
 Il est possible d être compétitif et éthique. TDV  milite pour la filière coton équitable et souhaite associer les producteurs et la santé des consommateurs. .
Thidambé a été très interessé et impressionné par tout le processus de fabrication à partir des balles de coton, en particulier par tous les aspects liés à la traçabilité et à la qualité. Il a demandé à emporter des  déchets retrouvés dans le coton ( en provenance de grosses exploitations mécanisées, particulièrement des  Etats-Unis. Il y en a aussi dans le coton provenant des petites exploitations, mais beaucoup moins ; il fera voir ces déchets aux producteurs chez lui pour les sensibiliser à la nécessité de produire de la qualité.

 Quinzaine du commerce équitable Mai  2006
Esteban Simpron, Cacvra, cacao, Pérou

« La certification équitable nous permet d’améliorer la communication entre les producteurs de la coopérative, et celle avec le marché extérieur, ce qui influe directement sur notre qualité de vie.
Beaucoup d’associés de Cacvra ont amélioré leur infrastructure après la récolte, ont livré des produits de meilleure qualité et ont eu plus de facilités  à procurer une éducation à leurs enfants.
Le commerce équitable est une véritable solution alternative à nos problèmes de développement et aux difficultés sociales causées par le marché. »

 Mai 2007 Témoignage de Huanca, producteur de café péruvien……
« Le commerce équitable m’a permis de fonder une famille. Avant je n’ aurais pas pu assurer l’ avenir de mes enfants »

Rencontre avec les coopératives péruviennes Juillet 2005
Témoignage d’un producteur de COCLA Quillabamba-juillet 2005 (cf séjour de militants de Max Havelaar 35- Compte-rendu complet de ces rencontres avec les producteurs péruviens sur demande à maxhavelaar35@wanadoo.fr
 « Mon père a déforesté et abîmé la nature. Ma fierté sera de laisser une terre propre à mes enfants»






 Sompoi Chansang, responsable de la coopérative Rice Fund Surin – Organic agriculture Cooperative, Ltd, riz Thaïlande. Invité d’ Ethiquable
« Le commerce équitable est en adéquation avec les buts de notre organisation : travailler dans la transparence avec les petits producteurs.
Il aide nos membres à développer leur culture biologique en continu, car il garantit un prix juste sur la durée. Les membres améliorent leurs revenus et gagnent en confiance. Ils ne sont plus contraints à émigrer pour gagner leur vie loin de leurs familles. Ils sont en mesure de payer leurs dettes, lesquelles constituent l’un des principaux problèmes qui se pose aux agriculteurs Thaïlandais.
Alors que la plupart des producteurs doivent passer par des intermédiaires qui fixent leur propre prix, ceux qui passent par le commerce équitable peuvent travailler ensemble au sein de leur organisation avec les acheteurs pour décider d’un prix juste. Ils peuvent analyser et gérer leur propre marché. Leur organisation leur doit des comptes sur sa transparence.
Les producteurs améliorent les sols, et développent la production selon des méthodes durables, sans produits chimiques dangereux. Ils peuvent vendre leurs surplus sur le marché local et les marchés bio.
Les paysans qui produisent du riz du commerce équitable développent parallèlement d’autres productions comme du soja, du sésame, des fruits, du poisson, du poulet… Cette polyculture permet aux paysans de compter sur leurs propres cultures.
Le commerce équitable encourage aussi les membres de la coopérative à travailler en groupe, ce qui se généralise comme méthode de travail. Leur modèle motive les jeunes générations à s’intéresser à l’agriculture au lieu d’émigrer vers la ville.

Plus qu’une relation commerciale, le commerce équitable encourage la compréhension et la coopération internationale. Les consommateurs deviennent conscients des problèmes auxquels sont confrontés les producteurs et de leurs projets. »

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