BRETAGNE COMMERCE EQUITABLE NORD SUD

 

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Le Commerce Equitable



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Historique
Les fondamentaux
Témoignages de producteurs
 

 Historique
Max Havelaar France est une association loi 1901, créée en 1993. Sans but lucratif, elle a été fondée et est toujours animée par des organisations nationales et régionales consacrant leur action à la solidarité internationale. Après Max Havelaar Pays-Bas, l'initiative a été prise en France par des professeurs, des associations, des militants puis appuyée par les Associations de solidarité internationale de Bretagne.

Une priorité : favoriser le développement des petits paysans du Sud
Dès les années 60, les pays du sud, rejetant l’aide, demandaient des prix justes pour leurs produits. Avec la libéralisation des échanges, les quelques protections existantes (entente entre les pays producteurs et quotas de production, prix garantis par ex. pour le café, le chocolat ou le coton ) ont été supprimées et les conditions commerciales qui leur sont imposées rendent la situation catastrophique pour les petits paysans du sud : 800.000 personnes vivent en dessous du sont en état d’insuffisance alimentaire, dont 80% de petits paysans; un milliard de paysans travaillent à la main, ils sont souvent livrés à eux-mêmes, sans protection sociale, services de santé, écoles, etc.
Dans le commerce conventionnel, ces producteurs sont confrontés aux problèmes suivants : cours des matières premières très bas et fluctuants, manque de connaissance et d’ accès au marché, manque de capital, rapports de force défavorables et grande dépendance vis-à-vis des intermédiaires.

Un objectif : permettre un développement autonome durable
Pour Max Havelaar la priorité est de permettre aux nombreuses organisations de producteurs défavorisés des pays les plus pauvres qui en font la demande, un accès au commerce international à des conditions équitables, le plus rapidement possible. L’objectif est d’accroître leur revenu, de les aider à s’organiser de façon autonome, démocratique,  pour maîtriser leur environnement et un développement durable. Le  prix minimum garanti et la prime de développement sont des éléments essentiels pour démarrer ou développer ce processus de développement autonome durable.
Ceci conduit Max Havelaar à sensibiliser les consommateurs, les collectivités, les entreprises, pour développer la demande de produits du commerce équitable afin de permettre de vendre une part sensible de leur production à des conditions équitables, d’où la présence des produits dans tous les types de distribution. Pour beaucoup de produits de grande consommation, ce sont les collectivités et la grande distribution qui sont les réseaux incontournables.

Un moyen : diffuser efficacement les produits labellisés par FLO-CERT
L’objectif est alors d’utiliser les acteurs du marché pour diffuser efficacement ces produits et de contrôler leurs activités. Max Havelaar va alors leur imposer un contrat et des conditions d’ achat exigeantes et leur apporter en contrepartie un label sous conditions de contrôles effectués par un organisme de certification indépendant ( FLO-CERT[1]). Les conditions à respecter par les producteurs, leurs organisations et les entreprises sont définies dans les «  standards internationaux du commerce équitable » établis par la fédération internationale Fairtrade Labelling Organisation International (FLO) en partenariat avec les représentants des organisations de producteurs concernés.
L’organisation collective et les progrès en qualité permettent par ailleurs une meilleure valorisation  de la majorité de la production qui doit encore être vendue sur le marché traditionnel du fait de l’insuffisance de demande en produits du CE. Aujourd’hui, plus d’un million de producteurs, soit plus de 5 millions de personnes bénéficient du commerce équitable labellisé Fairtrade/Max Havelaar. Mais l’impact  est progressivement beaucoup plus large, avec une dynamique de développement local, le soutien jusque là inexistant des collectivités locales, la reconnaissance des fédérations de producteurs au niveau national, voir l’initiation de loi agricole comme en Bolivie.
Les campagnes de promotion, de sensibilisation auprès du public et des collectivités ont grandement contribué à la notoriété du commerce équitable labellisé et du commerce équitable en général. 
 
 Les Fondamentaux

Les principes fondamentaux du Commerce Equitable Labellisé Max Havelaar:
•Refuser l’esclavage, le travail forcé et l’exploitation des enfants,
•Travailler avec les producteurs  et salariés marginalisés du sud,
•Garantir un prix minimum satisfaisant les besoins essentiels ,prix toujours supérieur aux cours mondiaux. S’y ajoute une prime de développement collective,
•Assurer un préfinancement à hauteur de 60% et entretenir des relations durables pour une dynamique de développement, respecter l’environnement,
•Assurer une transparence de fonctionnement et une traçabilité exemplaire par des contrôles permanents.
Le rôle d'appui de Fairtrade Labelling Organisation International (FLO)
Il existe 20 organisations telles que Max Havelaar France à travers le monde ( Max Havelar-Fairtrade-Transfert). En 1997, elles se sont regroupées au sein de Fairtrade Labelling Organisation International (FLO). Pour tous ces pays, bien que le nom soit différent, le logo est commun. Il garantit que le produit a été acheté en respectant les standards internationaux du CE.
Sont également membres et participent à la gouvernance de la fédération des représentants des organisations de producteurs appartenant aux 3 grandes régions concernées : Amérique latine/Caraïbes, Asie et Afrique

FLO définit, en partenariat avec ces représentants régionaux et ceux des acteurs économiques,  les standards génériques et les standards spécifiques par produit. Ils comprennent les volets sociaux, économiques, environnementaux. Il y a des exigences minimales et de de progrès.
•apporte un appui aux producteurs  et à leurs organisations: appui à la commercialisation, analyse des marchés et des productions, conseils ; mise en relation producteurs/industriels, développement de filières de produits labellisés.
•participe aux plaidoyers pour un changement des règles commerciales internationales.
•sensibilise, informe les consommateurs, collectivités, entreprises sur les conditions de vie des  producteurs, sur les déséquilibres commerciaux nord-sud, sur le  CE et son impact,
L’impact tridimensionnel du commerce équitable au Sud :
- social : amélioration du niveau de vie, accès à la scolarisation, la formation, aux soins etc.
- environnemental: diminution, voire suppression des intrants chimiques ( 150 produits interdits ainsi que les OGM), diversification, recyclage des déchets, respect de la biodiversité, adoption de techniques agronomiques durables (ex : compostage, interdiction des brûlis), prime au bio
- économique et politique: renforcement des capacités d’organisation, du pouvoir de négociation, accès au crédit,
- effets long terme : développement local autonome et durable, renforcement de la démocratie locale, reconnaissance des organisations de producteurs par les collectivités et le pouvoir politique, là ou le processus est suffisamment avancé, d’où la nécessité pour le commerce équitable de toucher le maximum de producteurs.

Témoignages de Producteurs

 « Le commerce équitable permet d’acquérir un esprit collectif »
Sompoi Chansang voit dans le bio et le commerce équitable des moyens de sortir de la spirale de l’endettement. Elle nous explique comment.

Le commerce équitable nous a permis de profiter du prix minimum et d’un préfinancement. Alors que le prix du marché, fixé par l’Etat, est de 8 baths, le prix minimum FLO est de 11 baths.
Une organisation plus forte
Il nous a aussi permis de renforcer notre organisation en confortant la transparence et la démocratie. Il permet d’acquérir un esprit collectif. Les gens travaillent de plus en plus ensemble et s’organisent.
Parallèlement, la culture biologique renforce notre autonomie et réduit notre endettement, puisque nous produisons nos propres engrais. Si cela nécessite plus de main-d’œuvre, on s’y retrouve en recevant un meilleur prix.

Vendre directement
La politique commerciale de la coopérative est de vendre le plus directement possible et de supprimer au maximum les intermédiaires. Cette année, nous avons pu vendre directement à un client français, ce qui nous a permis de faire l’expérience de la relation commerciale.
Avant tout, le commerce équitable permet au producteur de connaître le système du marché et d’apprendre à négocier directement avec l’acheteur. Si un jour le commerce équitable vient à disparaître, nous aurons acquis ce savoir-faire.

Diversification
Les ONG et les coopératives comme la mienne encouragent aussi la culture d’autres produits. Nous avons organisé un marché au village pour vendre directement aux consommateurs. Ils peuvent ainsi se lancer dans d’autres cultures entre deux périodes de récolte, au lieu de devoir aller chercher des petits boulots en ville. Quant aux enfants, ils voient qu’on peut s’en sortir sans quitter la région, grâce à l’agriculture. »

 

 

« Le commerce équitable permet d’investir »
En Bolivie, le commerce équitable aide des petits exploitants non seulement à survivre mais aussi à se projeter le long terme, voire à se diversifier. Une bouffée d’oxygène dans un pays comme la Bolivie, qui a le plus bas indice de développement humain de toute l’Amérique du Sud.
Felipe Cancari est né dans les Andes boliviennes, sur l’Altiplano, à 3 600 mètres d’altitude, sur les rives du lac Titicaca. Comme beaucoup d’Aymaras, il est descendu dans les zones plus chaudes pour se consacrer à la production de cacao. En 1985, il est devenu un membre de la coopérative El Ceibo.

Se projeter à long terme
Pour lui, le commerce équitable, c’est d’abord la stabilité. « Nous ne sommes plus totalement soumis à la loi de l’offre et de la demande. Nous savons que nous serons payés au moins 69$ le quintal. Ainsi, nous pouvons nous projeter le long terme, investir. »

Tirer le meilleur parti
El Ceibo se compose de 38 coopératives, regroupant 800 familles. El Ceibo transforme le cacao et fournit l’appui technique aux producteurs pour qu’ils tirent le meilleur parti de leur culture.
Grâce au commerce équitable, elle reçoit près de 60 000$ de prime de développement. « Près de la moitié est investie dans l’aide technique. Le reste est distribué pour différents buts : aide médicale en cas d’accident, scolarisation… », ajoute Felipe.

Se diversifier
Pour l’avenir, Felipe souhaiterait cultiver des relations à encore plus long terme avec ses acheteurs du commerce équitable. « Nous devons aller au-delà d’affaires de deux ou trois ans, insiste Felipe. L’idée n’est pas de vendre seulement le cacao, mais nous diversifier : fruits secs, le café. Mais nos rêves vont encore plus loin. Nous pensons au tourisme équitable. L’alto Beni est très beau. Il y a beaucoup à y voir et à y faire ».

 

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